20160707_162759[1]Le lendemain, allez hop c`est parti pour 5 jours de découvertes praguoises.  Le tram 22, hyper moderne et silencieux nous amènent de notre Guesthouse Arco vers la vieille ville.  Nous sommes hyper bien tombés sur cette Guesthouse,  Gunther et Yan sont des hôtes parfaits, que d`informations, que de conseils on récolte…on se sent chez-nous… On pourra même y laisser nos bagages et notre vélo pour une escapade à Cracovie.

 

 Subjugués encore une fois par ces bâtisses  centenaires qui heureusement furent épargnées durant la guerre.  Le long de la Moldeau se dressent les espaces multiculturels de Prague  où se tiennent les spectacles d`opéra, de ballet et ceux de La Lanterne magique.  Je me souviens encore d`un de leurs spectacles que j`avais vu et  qui m`avait tant impressionnée lors de l`Expo 1967…ok ça fait un bail mais bon … malheureusement pour nous il n`y a plus de billets.   Nous assistons dès ce premier après-midi à l`opéra Fantasia, opéra destiné en grande partie aux petits et grands enfants.  Une superbe production avec orchestre, chœurs, décors fantastiques, marionnettes géantes perchées sur les balcons, lucioles qui circulent un peu partout, danseurs…. On nous fait entrer par le sous-sol et derrière la scène, des personnages apparaissent et nous font sursauter… bref une entrée mémorable!!!

Et on enchaîne avec un spectacle d`orgue et de cuivres (cors français, trompettes et trombones) en l`Eglise Saint-Nicholas située sur la grande place, sur des airs de Bach, de Mozart, de Dvorak et Gershwin.  On se laisse bercer par cette sonorité qui nous enveloppe.  Toute cette musique tourne autour de nous.  L`acoustique est superbe, le décors féérique.  Émus nous quittons pour souper sur la grande place.  Soirée douce et agréable.

Nous irons nous régaler de l`opéra Mme Butterfly au State Opera.  Maria Kobielska tient le rôle de Cio-Cio San et Luciano Mastro le rôle de F.B. Pinkerton

Un spectacle tout nouveau, décors minimalistes, grand orchestre et les airs poignants de Puccini nous émeuvent encore une fois.  La foule est bigarrée, robes longues, talons hauts et  cravates côtoient t-shirts et souliers de course… La salle est tout en dorure.

Le lendemain, opéra La Traviata au Budova. Cette fois encore, une production géniale, des décors et des costumes classiques, un grand orchestre et des chanteurs tels que Simona Houda-Saturova et Jaroslav Brezina qui nous ébahissent.  Nous sommes au premier balcon, vue imprenable sur la scène. Quelle vie privilégiée nous menons….

Une virée dans le quartier juif, son cimetière et ses synagogues.

Nous prenons les écouteurs, au cimetière plus de 12000 tombes surplombent les talus qui cachent plus de 100000 cadavres.  Avec le temps, n`ayant plus de place dûe à la dimension du ghetto, on enterrait les morts les uns par-dessus les autres, ce qui représente  une hauteur de 12 pieds. Sur tous les murs d`une synagogue sont inscrits les noms des 72000 juifs envoyés aux camps de la mort.  La synagogue Vieille-Nouvelle portera longtemps le sang de plus de 3000 Juifs assassinés  pendant la Pâque lors de l’un des plus sanglants pogroms du 14ième siècle…  La statue de Kafka se dresse dans ce quartier.  Puis c`est la Synagogue espagnole érigée à la fin du XIXième pleine de dorures qui nous attire et où l`on peut apprendre, au moyen de grands panneaux explicatifs, le système de taxation excessif pour les juifs, les limitations dans  tous les domaines qui peu à peu s`élèvent pour aboutir finalement au ghetto puis à la radiation de celui-ci sous des prétextes de salubrité.

Après la guerre, les quelques survivants juifs qui avaient travaillé dans les camps de concentration sont obligés de modifier leur nom et prénom pour des noms et prénoms allemands et quelques mois plus tard, tous les allemands sont chassés de Prague et bien sûr les revenants ayant changés de nom… quelle ironie. On y ajoute aussi l`impossibilité de pratiquer toute forme de religion sous l`ère communiste, bref rien ne va jamais pour cette population.  ll ne reste plus que 200 juifs dans Prague.

Côté plus joyeux… on découvre l`illustrateur Alphonse Mucha (1860-1939) qui s`est rendu célèbre en 1 nuit par la publication des posters de Sarah Bernardt pour la pièce Gismonde en 1894.  Un contrat les liera tous les deux pendant toute la vie de comédienne de cette dernière.  On parlait du style Mucha ou de l`Art nouveau.  Il aura créé des milliers de calendriers, de posters, de panneaux décoratifs tant aux USA qu`à Paris.  Il dessinera des vitraux splendides à la Basilique St-Vitus.  En 1904, il débutera sa fabuleuse série épique…et  pendant plus de 18 ans, il créera cette série de tableaux gigantesques (6m par 8 m) que nous aurons le grand plaisir de découvrir à la Galerie Nationale de Prague.20160701_154355

Une autre journée s`est déroulée de l`autre côté de la Moldeau.  Une chaleur torride nous accompagne sur la colline du monastère Stratov, du château et de la basilique St-Vitus. 20160701_160257 On visitera l`Eglise Assomption de Marie, les Halls théologique et philosophique dont les plafonds sont superbement peints et la  galerie de peintures fermée en 1950 à l`arrivée du communiste mais dont les œuvres y reviennent peu à peu. 20160701_123825 20160701_120554

Prague se marche et se découvre pas à pas, nous irons marcher dans l`Ile Kampa et traverserons le Vieux pont où se trouvent les statues de St-Jean-de-Matha, de Saint-Félix de Valois sans oublier Saint-Norbert… un petit air de famille quoi!!! Nous prendrons le tram et le métro avec plaisir, sans bousculades.  Un peu fatigués de la viande à outrance dans les pays de l`Est, nous optons peu à peu pour la nourriture vegan.. oui, oui  même Louis!!!

On quitte Prague pour quelques jours.  On y laisse notre vélo et nos bagages et prenons le train et le bus pour 6 heures de route vers Cracovie… la suite….